Les chercheurs se sont notamment basés sur des travaux de l’Institut Cooper (Dallas, États-Unis), datés de 2014. Une enquête longue de quinze ans, effectuée auprès de 55 137 personnes âgées de 18 à 100 ans, dont le principal résultat était le suivant : cinq minutes de course à pied par jour permettent de réduire les risques de maladies cardiovasculaires. Une mine d’informations que les scientifiques d’Iowa ont décryptée. Selon leurs recherches, courir réduirait de 25 à 40 % le risque de décès prématuré. Par ailleurs, deux heures de course à pied par semaine pendant quarante ans (soit un total d’environ six mois) augmenteraient l’espérance de vie de 3,2 ans. Si l’on sort la calculette, une heure de running reviendrait à sept heures d’espérance de vie en plus. Courir pour vivre plus Le monde médical est unanime : courir permet de gagner des années de vie. | Fotolia Le monde médical est unanime : courir permet de gagner des années de vie. « Ces résultats ne m’étonnent pas, ose Jean-Jacques Menuet, médecin du sport à Saint-Malo. Ce n’est pas nouveau. Ça fait longtemps qu’en termes d’espérance de vie, on sait que l’activité d’endurance – que ce soit la marche rapide, le vélo, la natation ou encore la course à pied – présente des qualités pour augmenter l’espérance de vie. » Il s’explique, listant d’abondants bienfaits : « Car l’endurance améliore le travail de la pompe cardiaque. Le cœur travaille en équilibre pendant une activité en endurance. Elle fluidifie également le sang, fait baisser le taux de cholestérol, dilate les artères du corps, tant au niveau des jambes qu’au niveau du cerveau. Donc ça protège aussi le cerveau d’accidents vasculaires cérébraux, tout comme nos artères coronaires d’infarctus du myocarde. » Courir pour vivre mieux Vivre plus longtemps, d’accord, mais comment ? « Les coureurs vivent plus et mieux, lance le médecin du sport, invitant tout à chacun à s’adonner à une activité d’endurance (course à pied, vélo, natation) deux à trois fois par semaine. Courir permet de garder un meilleur équilibre, maintient l’autonomie, les fonctions immunitaires, cognitives. Le sportif reste ainsi plus longtemps en éveil psychologique, a davantage envie de se créer des projets. » Le déclin cognitif nous guette tous. Le sport nous aide à le repousser. Il est le garant d’une vie prolongée en bon état de santé. Selon l’étude, un coureur gagnerait environ trois ans d’espérance de vie, même s’il est un adepte du tabac, de l’alcool ou de la malbouffe. Là encore, Jean-Jacques Menuet acquiesce. « Je suis tout à fait d’accord. En termes de prévention des maladies cardiovasculaires, l’activité physique d’endurance présente un bénéfice largement supérieur à l’amaigrissement ou encore l’arrêt du tabac. L’activité physique d’endurance régulière est numéro 1 loin devant le reste. » L’idéal restant d’associer la course à pied à un mode de vie sain. Ce qui va souvent de pair. « Quelqu’un qui va se mettre à pratiquer une activité physique régulière, va faire plus attention à son alimentation, va fumer moins, va éventuellement boire moins. L’activité physique induit une meilleure hygiène de vie. »